Après plus d’une décennie de coopération fructueuse en matière de migration et de développement dans le cadre du Processus de Rabat, la 5ème Conférence Ministérielle du Dialogue Euro-Africain sur la Migration et le Développement a réuni des Ministres et des représentants de haut niveau de l’Union européenne et de l’Afrique du Nord, de l’Ouest et Centrale pour définir le nouveau cadre stratégique régissant le dialogue pour la période 2018-2020. Les objectifs de la Conférence Ministérielle étaient d’inscrire le Processus de Rabat dans le cadre mondial de la migration ; de renforcer son rôle dans le suivi du Plan d’Action Conjoint de la Valette (PACV), et de respecter les engagements politiques pris lors du Sommet sur la migration de novembre 2015; par la mise en place d’une base de données ; et d’adopter son nouveau programme de coopération pluriannuel.

Cet évènement d’envergure a rassemblé 28 pays africains et 27 pays européens, la Représentante spéciale du Secrétaire Général de l’ONU pour les migrations internationales, des délégués des organisations régionales partenaires du dialogue (CEDEAO, Union européenne), et des envoyés des agences onusiennes (CNULCD, HCR, OIM, OIT, ONUDC). Sous les auspices du Royaume du Maroc, la Conférence a fait suite aux engagements politiques des pays partenaires pris en 2006 pour construire une approche globale, concertée et équilibrée de la gestion des migrations. 

Le Royaume du Maroc a accueilli cette Conférence le 2 mai 2018 à Marrakech, appuyé par le Royaume du Belgique, Présidence sortante du dialogue, et le Burkina Faso, Présidence entrante du Processus de Rabat. Cette rencontre s’est conclue par l’adoption du Programme de Marrakech 2018-2020, comprenant une Déclaration Politique ainsi qu’un Plan d’Action ciblé et opérationnel, qui se base en priorité sur une approche régionale tout en respectant la souveraineté des États. Les cinq domaines prioritaires définis dans ledit Programme sont alignés sur les domaines du PACV afin de maintenir une cohérence et complémentarité avec celui-ci:

  • Domaine 1. Avantages des migrations en termes de développement et lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées
  • Domaine 2. Migration légale et mobilité
  • Domaine 3. Protection et asile
  • Domaine 4. Prévenir la migration irrégulière, le trafic de migrants et la traite des êtres humains et lutter contre ces phénomènes
  • Domaine 5. Retour, réadmission et réintégration

A travers le nouveau programme de coopération multi-annuel, les partenaires du dialogue ont également convenu de mettre en œuvre de manière effective et équilibrée le plan d’action en intégrant six priorités transversales. Les actions mises en œuvre contribueront au plein respect de droits de l’Homme, en accordant une attention particulière aux questions de genre et de protection des migrants en situation vulnérable (dont en particulier les femmes et les enfants), à la lutte contre la xénophobie, le racisme et les discriminations ; et à la collecte, à l’analyse et au partage des données désagrégées. De plus, le plan d’action prendra en compte l’approche régionale dans l’identification et la mise en œuvre des actions, ainsi qu’une approche inclusive et pluripartite, pour assurer une gestion coordonnée et ordonnée de toutes les dimensions du phénomène migratoire.

Dans le cadre de cette 5ème édition de la Conférence Ministérielle du  Processus de Rabat, un mécanisme d’engagement pour le Plan d’Action a été mis en place à travers lequel les pays partenaires du Processus de Rabat peuvent appuyer une ou plusieurs actions définies dans ledit plan. Le Secrétariat du dialogue, assuré par le Centre International pour le développement des politiques migratoires (en anglais, ICMPD), appuiera la mise en œuvre de ces engagements en fonction des besoins identifiés.