Le Dialogue euro-africain sur la migration et le développement (Processus de Rabat) est un dialogue régional sur la migration. Depuis 2006, le dialogue offre un cadre de consultation réunissant les pays d'origine, de transit et de destination des routes migratoires reliant l'Afrique centrale, de l’Ouest et du Nord à l'Europe. 57 États partenaires et autres parties prenantes clés, y compris l'Union européenne (UE) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), sont impliqués. Il en résulte un dialogue ouvert entre les autorités nationales sur les questions techniques et politiques liées à la migration et au développement.

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Capitaliser sur une décennie de dialogue

Le Processus de Rabat a été fondé en 2006 en tant que plate-forme de dialogue pour les autorités nationales des pays d'origine, de transit et de destination le long des routes migratoires d'Afrique de l'ouest et centrale. L’initiative reposait sur la reconnaissance du fait que la réponse à apporter aux flux migratoires exigeait une réponse coordonnée de la part de tous les pays concernés.

À l'époque, les principales voies migratoires traversaient le détroit de Gibraltar ou conduisaient aux îles Canaries. La conviction qu'il n'était pas exclusivement de la responsabilité de l'Espagne et du Maroc de gérer ces flux migratoires a incité la France, le Maroc, le Sénégal et l'Espagne à créer le Processus de Rabat. Le dialogue a été officiellement établi lors de la première Conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement organisée à Rabat en 2006.

Guidé par un cadre stratégique flexible

Le dialogue bénéficie d’un cadre stratégique souple et adaptable. Le Comité de Pilotage du Processus de Rabat et sa Présidence en alternance sont des forces motrices qui orientent le dialogue avec les États partenaires, les organisations régionales, les organisations internationales et les autres parties prenantes concernées. En outre, les pays partenaires adoptent tous les trois ans ou quatre ans de nouveaux cadres stratégiques sous la forme de déclarations ministérielles et de plans d'action, conçus pour s'adapter à l'évolution des réalités de la migration et de la mobilité.

La Déclaration et plan d’action de Marrakech 

Le cadre stratégique actuel est la Déclaration politique et le Plan d'action de Marrakech 2018-2020. Il est aligné sur le Plan d'Action Commun de La Valette (PACV) afin de favoriser la cohérence et la complémentarité entre ces cadres. Le PACV a été adopté par les chefs d'État et de gouvernement africains et européens du Processus de Rabat et du Processus de Khartoum lors du Sommet de La Valette sur la Migration de 2015. Il se concentre sur des mesures concrètes qui répondent aux défis et exploitent les opportunités créées par la migration.

Le Processus de Rabat a également une responsabilité importante dans le suivi de la mise en œuvre du Plan d'Action Conjoint. La base de données du PACV permet la collecte de données structurées, la cartographie et la rédaction de rapports sur les initiatives migratoires africaines et européennes bilatérales et financées par le FFUE (programmes, politiques et législation).

Consultations réussies et actions concrètes

Au cours de près de 15 ans d'existence, le Processus de Rabat s'est établi comme un dialogue fructueux et actif sur la migration. L'initiative s'appuie sur les bases solides des réunions techniques et politiques et des activités concrètes, menées par le pays partenaires.

Le Processus de Rabat est axé sur:

DIALOGUE: Discuter des défis et des opportunités communs et parvenir à un consensus.
RÉSEAU: Construire des réseaux euro-africains aux niveaux technique et politique.
ACTION: Formuler et mettre en œuvre des initiatives tenant compte des spécificités nationales et régionales.
PARTAGE DES CONNAISSANCES: Partage d'informations sur les projets, les politiques et les pratiques auprès des partenaires de dialogue.
SUIVI: Un suivi des engagements pris dans le PACV et dans son cadre stratégique.

Le succès du Processus de Rabat repose également sur la nature étatique de ses activités et sur le réseau de Points Focaux nationaux qui relie le dialogue aux administrations nationales participantes. En outre, il est appuyé par un Secrétariat qui facilite le dialogue et mène des activités de soutien sous la direction du Comité de Pilotage et du président du dialogue.

Le Plan d'Action de Marrakech a mis en place un mécanisme d'engagement unique: sur une base volontaire, les pays partenaires peuvent s'engager à mettre en œuvre une ou plusieurs des actions définies dans le plan pouvant être appuyées par le Secrétariat.

Responsabilité partagée et dialogue équilibré

Le Processus de Rabat vise à favoriser la solidarité, le partenariat et la responsabilité partagée dans la gestion commune des questions migratoires dans le plein respect des droits de l'homme. En partageant les expériences et les défis, une confiance est établie entre les autorités nationales impliquées, menant à une compréhension commune des problèmes migratoires. Le dialogue se distingue en suivant une approche équilibrée dans toutes ses entreprises et ses mécanismes de prise de décision. Les exemples incluent les ordres du jour des réunions - préparés pour refléter les préoccupations et les intérêts des parties prenantes africaines et européennes - ainsi que la composition du Comité de pilotage du dialogue, au sein duquel les pays africains et européens sont représentés à égalité.

La Déclaration de Dakar de 2011 a mis en place 5 principes qui guident encore le dialogue aujourd'hui:

  • Un dialogue opérationnel
  • Une approche flexible et équilibrée
  • Un dialogue cohérent
  • Des partenaires engagés
  • Une responsabilité partagée.

Un dialogue technique et politique

Le Processus de Rabat combine des dimensions politiques, techniques et opérationnelles. Ces dimensions se reflètent dans les différents types d’évènement de dialogue:

  • Conférences ministérielles euro-africaines
  • Réunions des Fonctionnaires de Haut Niveau (SOM)
  • Réunions Thématiques ou techniques ou ateliers/sessions de formation
  • Réunions labellisées

Chaque type de réunion joue un rôle spécifique dans le dialogue et a lieu périodiquement. Nous vous invitons à consulter le calendrier et la section des actualités si vous souhaitez obtenir plus d'informations sur les évènements passés et futurs.

▸Conférences ministérielles sur la migration et le développement

  • Les conférences ministérielles sont le plus haut niveau du dialogue dans le cadre du Processus de Rabat et se tiennent environ tous les trois ou quatre ans. Les ministres chargés de la migration des pays partenaires se réunissent pour adopter une nouvelle déclaration et un programme de coopération pluriannuel. Actuellement, la Déclaration Politique et le Plan d'Action de Marrakech guident les pays partenaires et les activités de dialogue.

▸Réunions des fonctionnaires de haut niveau

  • Lors des Réunions des fonctionnaires de haut niveau (SOM), les partenaires débattent en détail des objectifs stratégiques. Ces débats donnent généralement lieu à un avant-projet de déclaration politique, qui sera adopté lors de la prochaine conférence ministérielle.
  • Des Réunions des fonctionnaires de haut niveau peuvent également être organisées en dehors du contexte d’une conférence ministérielle, pour traiter de sujets particulièrement importants.
  • Chaque Réunion des fonctionnaires de haut niveau est hébergée par un pays participant au dialogue.

▸Réunions thématiques, techniques ou ateliers

  • Les Réunions thématiques et ateliers sont consacrées à un sujet spécifique, qui découle du cadre stratégique pluriannuel actuel. Elles offrent aux partenaires du dialogue l’occasion de partager leurs expériences et leurs bonnes pratiques.

▸Réunions et activités labellisés:

  • Ces évènements portent la marque "Processus de Rabat", mais sont organisés et financés par un partenaire du Processus de Rabat. Les réunions labellisées contribuent à la mise en œuvre d'actions concrètes dans le cadre du programme de coopération pluriannuel actuel.

Après chaque réunion, les conclusions sont présentées aux participants. Ces conclusions proposent des recommandations spécifiques pour l’avenir. Selon le sujet traité, le profil des participants peut varier d’une réunion à l’autre. Les représentants du monde universitaire et des organisations internationales (ou non gouvernementales) sont souvent invités à partager leur expertise.